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Adolf galland 1912 1996

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Adolf galland 1912 1996

Message par {CdC}Chevalier_Tenseiga le Sam 24 Mai - 18:57

Devenir aviateur en 1932

De tous les as de la chasse allemande de la seconde guerre mondiale, Adolf Galland est de loin le plus connu, bien qu'il ne soit pas, et de loin, celui qui ait accumulé le plus de victoires.

Ceci est sans doute dû au fait qu'il fut le plus jeune général de la Luftwaffe, associé au fait qu'il faut bien reconnaître un aspect charismatique à ce personnage haut en couleurs dont l'histoire est loin d'être anodine.

Né en 1912, le jeune Adolf Galland, descendant d'un émigré huguenot et fils du régisseur d'un vaste domaine, était pétri du rêve de voler, au désespoir de son entourage. La situation de l'Allemagne au sortir de la guerre de 1914-1918 était catastrophique et se frayer un chemin, dans un pays ravagé par le chômage, pour l'Ecole d'Aviation Civile relevait du prodige, quatre mille candidats postulant pour dix-huit places. Adolf Galland fut parmi les élus de ce concours sans pitié peu de temps après avoir réussi son baccalauréat.

Lui qui avait bataillé pour pouvoir piloter un planeur avec lequel il avait déjà accompli un exploit honorable en établissant un record de durée de vol de deux heures, se destinait donc à faire carrière dans la toute nouvelle compagnie aérienne allemande, la Lufthansa. En 1932, il échappa de justesse à l'enrôlement dans la Reichswehr qui aurait fait de lui un "rampant" et put continuer ses études  de pilote de ligne.

Lors de sa formation, il se retrouva, selon ses propres dires, dans une école "bizarre": ce qu'on lui enseignait n'avait  pas grand chose en commun avec l'aviation civile. C'était en 1933 et la Luftwaffe voyait le jour sous la houlette de Göring, le "gros Hermann", ancien as de 14-18 que Galland sera amené à rencontrer souvent.

Il n'était pas question pour autant, le traité de Versailles l'interdisant, de se former sur des avions de chasse en Allemagne. C'est déguisés en étudiants des Beaux-Arts que les futurs pilotes partirent en formation dans l'Italie du Duce dans une ambiance cocasse.

Après ce stage, il travailla comme pilote de la Lufthansa sur la ligne Berlin-Barcelone et il fallut une "invitation" à Berlin pour le décider à endosser un uniforme militaire, d'ailleurs dessiné d'après les avis de Göring. Le convaincre ne fut pas trop difficile, la vie aventureuse d'un pilote de chasse lui seyant mieux que l'existence réglée d'un pilote civil.

C'est ainsi qu'il put assister et participer à la naissance de la toute jeune Luftwaffe. Cette arme qui allait activement participer à la mise de l'Europe en coupe réglée avait été patiemment et discrètement mise sur pied. Les écoles sportives de vol à voile qui avaient fleuri dans le Reich de l'entre-deux-guerres et dont Galland avait bénéficié n'avaient en fait pour seule vocation que d'être une pépinière de pilotes de guerre. Des observateurs avisés avaient remarqué que les pacifiques avions civils construits dans les années 30 pourraient être rapidement transformés en armes redoutables. En 1935, les masques tombèrent et Hitler présenta au monde son arme aérienne.

Adolf Galland continuait à profiter des superbes jouets que lui offrait le Reich et, toujours fantasque, se régalait à faire des pirouettes acrobatiques à bord d'un Focke-Wulf  FW44 "Pivert" modifié par ses soins à bord duquel il s'écrasa au sol après un exercice de voltige dont il raffolait. Pour le dégager de l'appareil, il fallut scier le tableau de bord dans lequel son crâne s'était encastré. Il dut la vie à deux sommités médicales de passage qui lui reconstruisirent un visage. Plus grave à ses yeux, après ses trois mois d'hospitalisation, il fut déclaré inapte à l'aviation, son œil gauche ayant été sévèrement atteint.

C'était mal connaître le personnage qui réussit à convaincre son commandant de groupe d'enfouir son dossier médical.



la guerre d'Espagne

Le 13 juillet 1936, le pronunciamiento de Franco plongea la péninsule ibérique dans une terrible lutte fratricide. Le Führer et le Duce volèrent à la rescousse du futur Caudillo, tout d'abord en installant entre le Maroc et l'Espagne ce qui sera le premier pont aérien de l'histoire. Des Ju-52 firent la navette pour ramener aux nationalistes des troupes fraîches. La même année, Galland voyait disparaître certains de ses camarades qui revenaient six mois plus tard tout bronzés. Il fut à son tour convoqué à un mystérieux "bureau W" qui se révélera être, sous couvert d'une société commerciale fantôme, l'état-major de la Légion Condor
Peu de temps avant son arrivée en Espagne avait eu lieu le martyre de Guernica. La encore, le Reich avait innové en bombardant des populations civiles.



Adolf Galland se vit affecter le commandement de la 3ème escadrille de chasse, les "Mickey Mouse", qui engageait encore les vieux Heinkel He-51 contre les "Ratas" de fabrication soviétique.



Il est évident que la Guerre d'Espagne fut un banc d'essais pour la Luftwaffe qui s'y forgea une doctrine, doctrine qui fera cruellement défaut à une Armée de l'Air française de 1940 en pleine anarchie. C'est dans ce théâtre d'opérations que naquit l'aviation destinée à l'attaque au sol, au grand dam de Galland, par ailleurs, qui ne manifestait de l'intérêt que pour la chasse et qui se verra versé ultérieurement dans une de ces nouvelles unités d'assaut dont on sait quels résultats elles obtiendront dans le conflit mondial qui se profilait à l'horizon.



la campagne de France

Furieux d'avoir été cantonné dans l'élaboration de l'aviation d'assaut, Galland finit par être nommé fin 1939 à la 27ème escadre de chasse. Néanmoins, ses responsabilités l'amenaient à resquiller pour pouvoir voler tout son saoul. Entre temps, les Messerschmitt Bf-109 avaient remplacé les vieux chasseurs obsolètes et c'est à bord d'une de ces machines qu'il put revendiquer sa première victoire sur un "Hurricane" lors de la campagne de France.

Les choses devinrent plus difficiles après Dunkerque, lors de la bataille d'Angleterre. Le Bf-109 était sans nul doute un chasseur extraordinaire, mais peu à peu les "Hurricane" démodés avaient cédé la place à un appareil d'une autre trempe, le Supermarine "Spitfire". De plus, l'indécision du haut-commandement allemand quant à la mise en place de l'opération "Seelöwe" contrastait avec la détermination des britanniques bien décidés à ne pas se laisser envahir. La lassitude commença à s'installer dans les rangs des aviateurs

C'est avec surprise et inquiétude que Mölders, autre figure emblématique de la chasse allemande, et Galland reçurent une convocation de Göring. Était-ce leur disgrâce qu'on allait leur annoncer? Nullement. Le "Gros Hermann" les décora de l'insigne en or serti de diamants qu'il avait créé pour ses meilleurs pilotes et s'informa de leurs vœux. Mölders réclama des moteurs plus puissants pour les Messerschmitt désormais surclassés. Göring les lui accorda dans une tape amicale et se tourna vers Galland qui , étourdiment (?) lui réclama une escadrille de "Spitfire". Son mot d'esprit aurait pu lui coûter très cher, mais Göring fut trop sidéré pour réagir. Il se contenta de se détourner et de partir en grommelant.

Galland n'en était pas à une frasque près. Grand amateur de cigare, il avait demandé à son mécano de lui ménager dans l'habitacle de son Messerschmitt Bf-109 un emplacement pour une boîte à cigares et de lui installer un allume-cigares!

Lorsque l'on connaît l'acharnement des pilotes de Bf-109 à alléger au maximum leur machine, on peut imaginer la rage de Galland lorsque Göring, faisant porter à la chasse la responsabilité de l'échec de Seelöwe, lui ordonna de faire transformer ses Bf-109 en chasseurs-bombardiers, les alourdissant d'une charge de 250 kg. Au lieu de faire parvenir à la chasse installée sur les côtes françaises des réservoirs supplémentaires qui aurait permis aux "Gustav" d'aller se frotter aux "Spitfire", on leur livrait des bombes!

Galland rongeait son frein à Brest lorsqu'à l'issue d'une réunion, Göring lui confia ainsi qu'à Mölders l'imminence de l'opération "Barbarossa": l'attaque de l'U.R.S.S. Mölders partagea l'enthousiasme du "Gros Hermann" toujours hilare tandis que Galland, effaré, mesura l'énormité de la décision du Führer.

Le 10 mai 1941 au soir, c'est un Göring dans un très grand état d'énervement qui téléphona à Galland pour lui donner l'ordre de faire décoller sur-le-champ toute l'escadre de chasse pour partir abattre à tout prix non un avion anglais, mais un Messerschmitt Me-110 en route vers l'Angleterre! Galland pensa un instant que Göring était devenu fou et c'est sans doute ce que pensèrent du Kommodore Galland lui-même ses pilotes de retour bredouilles à leur base.
Il est vrai que c'était une véritable histoire de fous. Rudolf Hess, le successeur désigné du Führer, l'un des pères du nazisme, avait dérobé un Me-110 sur le terrain des usines Messerschmitt à Augsbourg et s'était dirigé vers l'Angleterre dans le but de rencontrer le Duc de Hamilton et de négocier seul une entente avec les britanniques. La presse allemande le déclara atteint d'une crise de démence.

Après la guerre, Galland devait écrire: «fou ou lucide, Hess avait essayé, au dernier moment, d'actionner le frein de secours d'un train lancé sur le mauvais aiguillage, le train dans lequel se trouvait le peuple allemand. »

Pendant que la guerre terrestre faisait rage à l'Est, les britanniques harcelaient sans cesse, dans une "non-stop offensive" les positions allemandes de l'Ouest, pour "fixer" un ennemi qui aurait pu se tourner tout entier vers l'URSS. Cette tactique remplissait si bien son rôle que la situation de pilotes du front russe était plus enviable que celle des pilotes de la Manche, à un point tel que Galland envisagea sérieusement d'envoyer à l'Est un au moins de ses deux jeunes frères.

L'été 1941, Galland se trouvait à Saint-Omer, suspendu de vol une énième fois, après sa 70ème victoire. Dans une mêlée confuse au-dessus de la Manche, un des pilotes de son escadre que l'on ne put identifier, envoya au tapis le "Hurricane" d'un pilote emblématique, le Wing Commander Douglas Bader. Or, cet as de la chasse anglaise avait une caractéristique qui en disait long sur son amour du vol et de la chasse aérienne: il était amputé des deux jambes. On retrouva l'une de ses prothèses, très endommagée, dans l'épave de son appareil et un mécanicien allemand tenta en vain de la réparer. Galland choya ce valeureux ennemi, allant jusqu'à lui faire visiter la base aérienne dans sa torpédo et à l'installer dans un Messerschmitt que Bader lui demanda d'essayer. Galland, surpris et hésitant, dut le lui refuser: il savait trop bien quelle direction le Wing Commander  aurait prise.
Avec l'accord de Göring, il fit avertir la R.A.F.,sur la longueur d'ondes du Secours International Maritime, que Douglas Bader était en bonne santé, qu'il réclamait ses prothèses de rechange...et une pipe neuve.
Quinze jours plus tard, Bader s'évada et Galland se fit sévèrement tancer. Ce qui n'arrangea pas les choses, c'est la manière dont les britanniques livrèrent les prothèses: ils attaquèrent le terrain de Saint-Omer et prévinrent les allemands par radio qu'ils trouveraient dans les décombres un colis pour Douglas Bader. Le moins que l'on puisse remarquer, c'est que cette fois, les anglais manquèrent singulièrement d'élégance! Bien entendu, Bader se fit reprendre.


le crépuscule

Cette même année, Galland eut à porter le deuil de deux amis, grands pilotes: Udet, qui s'était suicidé, et Mölders, qui périt dans un accident d'avion. Göring le nomma commandant en chef de la chasse allemande, place qu'occupait le défunt Mölders. On ne peut pas dire que cette promotion lui fit vraiment plaisir; il avait compris que dès ce jour, les occasions de piloter se feraient rares; il lui fallut tout à la fois hanter les couloirs des états-majors et courir sur différents fronts. Après la mort d'un autre grand pilote, Hans Joachim Marseille, il remit un rapport qui lui atttira un blâme.

Au fur et à mesure que le vent tournait, que s'effectuait la montée en puissance des raids de bombardiers anglo-américains sur le Reich, Galland assista dans l'impuissance au grand tournant. Il ne lui resta plus qu'à réclamer davantage de chasseurs pour la défense du territoire national, comme Udet l'avait fait avant lui. Ses prérogatives l'amenèrent à intervenir sur l'armement de nouveaux Bf-109F, qui remplaçaient peu à peu les Bf-109E "Emil" et Bf-109G "Gustav", ainsi que de la nouvelle merveille de Kurt Tank, le Focke-Wulf FW-190, mais comme il l'écrivit plus tard, dès 1941, la Luftwaffe titubait dans un chaudron infernal, laminée tant par la machine de guerre américaine que par l'impéritie de ses propres chefs. Son attitude de plus en plus critique, de plus en plus rétive, l'amena peu à peu dans la disgrâce dans laquelle Göring lui-même ne tarderait pas à tomber. Se battre à la fois contre l'ennemi et le haut-commandement était suffisamment difficile pour qu'il propose sa démission à Göring qui la lui refusa. Le charme était définitivement rompu; le "Gros Hermann" accusa Adolf Galland d'avoir fomenté ce qui est resté sous le nom de "révolte des chasseurs".

La situation du Reich était devenue si confuse qu'il put se remettre à voler sur un FW-190 entre deux récriminations. Son franc-parler lui valut des crises de colère de la part d'un Führer qui en était devenu coutumier. Limogé en janvier 1945, victime de chefs hystériques, il fut néanmoins chargé de créer une escadrille avec les Messerschmitt Me-262, appareil à réaction réellement révolutionnaire.

Alors qu'il était évident que le Reich tenait là un chasseur de tout premier ordre, Hitler décidait de l'utiliser comme bombardier. Selon les propres dires de Galland qui avait eu l'occasion d'essayer cet avion miracle, « autant essayer de transformer un cheval en vache laitière ».  Quand en octobre 1944, on accepta en haut lieu de constituer une unité de Me-262, il était trop tard. Galland ne put que continuer à se battre pour la défense de son pays, mais aussi contre des projets aussi grotesques qu'odieux: l'enrôlement de jeunes gamins de seize et dix-sept ans dans des unités de He-162 "Volksjäger" (chasseur du peuple).

Adolf Galland livra son dernier combat aérien le 26 avril 1945, date à laquelle un "Mustang" le mit au tapis après sa 104ème victoire. Il ne lui resta plus qu'à se poser et à attendre l'arrivée des vainqueurs.

l'après-guerre
Après la guerre, Galland demeura deux ans prisonnier des britanniques. Après cette détention pendant laquelle il fut très souvent interrogé, mais nullement inquiété, il fut une nouvelle fois déclaré inapte au pilotage. Il prit un emploi de garde forestier jusqu'à ce que Juan Peròn l'invite à se rendre en Argentine pour constituer une aviation militaire.
Il revint en Allemagne en 1955 et, en 1960, s'offrit un Beechcraft "Bonanza" qu'il pilotait lui-même.

Décédé le 9 février 1996 d'un malaise cardiaque à l'âge de 83 ans, Adolf Galland laissa à ses ennemis, dont Douglas Bader, le souvenir d'un pilote-né qui n'avait pas perdu le sens du chevaleresque.
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